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27 mars 2026
Le Conseil national de la commande publique remplace l’OECP en 2026. Ce changement ne crée pas, à lui seul, de nouvelles règles pour les marchés publics. Il marque surtout une évolution du pilotage de la commande publique. L’objectif affiché par Bercy est de créer une instance plus représentative et plus agile pour la commande publique. Les premiers sujets annoncés concernent l’IA, les données, les achats durables, les centrales d’achat et la souveraineté des achats.
L’Observatoire économique de la commande publique avait été créé en 2016. La DAJ le présentait comme une instance de dialogue et de concertation des professionnels de la commande publique. Ses réunions comprenaient une assemblée plénière annuelle et un comité d’orientation réuni au moins une fois par an sous la présidence du directeur des affaires juridiques du ministère chargé de l’Économie.
Le Conseil national de la commande publique prend la suite de cet observatoire. Selon la DAJ, cette évolution doit permettre de mieux relayer les besoins de professionnalisation des acheteurs, des fédérations professionnelles et des entreprises. Le CNCP doit aussi devenir une instance de coordination et de valorisation des actions menées par les différents acteurs de la commande publique.
La différence tient donc moins au droit applicable qu’à l’organisation du dialogue. L’OECP avait une logique d’observation, de concertation et de recensement. Le CNCP conserve ces fonctions, mais il y ajoute une dimension plus marquée de pilotage, de coordination et d’orientation des travaux. Le support officiel de présentation du CNCP indique que les missions historiques de l’OECP restent présentes, avec la concertation, la diffusion des bonnes pratiques, le recensement et l’analyse des données essentielles. Il ajoute de nouvelles missions pour renforcer le pilotage de la commande publique et accompagner les orientations stratégiques.
La première différence concerne la composition. Le CNCP doit associer plus largement les acteurs de la commande publique. Les sources officielles mentionnent les acheteurs de l’État, les acheteurs locaux, les organismes de sécurité sociale, les centrales d’achat publiques, les fournisseurs et le monde économique. Cette ouverture est présentée comme une façon d’intégrer davantage les réalités du terrain.
La deuxième différence concerne la méthode de travail. L’OECP fonctionnait autour de réunions de concertation, d’assemblées plénières et de comités d’orientation. Le CNCP s’appuie sur un comité plénier, des collèges thématiques, un conseil scientifique et des groupes de travail. La DAE précise que cinq collèges thématiques sont prévus, dont le monde économique, les acheteurs locaux, les centrales d’achat, l’achat durable et les entités adjudicatrices.
La troisième différence concerne les priorités. Le CNCP reçoit trois axes de travail pour 2026. Il doit :
Ces priorités donnent au CNCP une portée plus opérationnelle que celle d’un simple observatoire statistique.
La quatrième différence tient aux sujets déjà engagés. Le support officiel de préfiguration du CNCP annonce l’installation de deux pilotes dès le 16 février 2026, avec le collège consacré aux centrales d’achat publiques et le groupe de travail sur l’intelligence artificielle. Il prévoit aussi l’installation progressive des autres collèges, dont le monde économique, l’achat durable, les acheteurs locaux et les entités adjudicatrices.
Le CNCP ne remplace pas le Code de la commande publique. Il ne modifie pas directement les règles relatives à la publicité, à la mise en concurrence, à la candidature, à l’analyse des offres, à l’attribution ou à l’exécution des marchés.
Ce point doit rester clair pour les acheteurs comme pour les entreprises. Les règles applicables demeurent celles du Code, des textes officiels et de la jurisprudence. Les sources consultées présentent le CNCP comme une instance de concertation, de pilotage et de suivi. Elles ne permettent pas d’affirmer qu’il dispose, à ce stade, d’un pouvoir réglementaire propre.
Une formule du support officiel appelle toutefois une vigilance. Il y est indiqué que le code de la commande publique prendra en compte cette évolution. Cette mention annonce une évolution à venir, mais elle ne permet pas d’identifier, à elle seule, une disposition déjà applicable. Le texte précis reste donc à confirmer.
Les achats publics représentent plus de 233 milliards d’euros par an et mobilisent près de 130 000 acheteurs publics. Ces chiffres expliquent l’intérêt d’un lieu de dialogue plus structuré. La commande publique n’est pas seulement un ensemble de procédures. Elle touche aussi la gestion publique, les politiques économiques, les PME, les collectivités, les hôpitaux et les fournisseurs.
La DAJ explique que la transformation de l’OECP en CNCP doit permettre de mieux intégrer l’échelon local, les grands opérateurs de réseaux et l’écosystème des centrales d’achat. Cette précision est importante. Les difficultés d’un acheteur local ne sont pas celles d’une centrale d’achat nationale. Les contraintes d’une PME ne sont pas celles d’un grand fournisseur habitué aux marchés publics.
La question est donc simple. Le CNCP permettra-t-il de mieux faire remonter ces écarts de terrain ? Sa valeur dépendra en grande partie de cette capacité.
L’intelligence artificielle figure parmi les premiers sujets traités. Le communiqué de presse indique que le CNCP comprend un collège sur l’IA. Le support officiel prévoit aussi un groupe de travail consacré au recours à l’IA dans les marchés publics.
La feuille de route annoncée porte sur trois points. Le groupe de travail doit identifier les bonnes pratiques d’utilisation de l’IA pour la préparation, la passation et l’exécution des contrats. Il doit aussi identifier les bonnes pratiques d’achat d’outils d’IA et élaborer un recueil de clauses types.
Le sujet est concret. Un acheteur peut utiliser l’IA pour relire un CCTP, structurer une analyse ou préparer un projet de clause. Une entreprise peut l’utiliser pour lire un RC, repérer les pièces à produire ou préparer une trame de mémoire technique.
Mais l’usage de l’IA doit rester maîtrisé. L’acheteur doit pouvoir expliquer ses choix, respecter l’égalité de traitement des candidats, préserver la confidentialité des offres et conserver une trace de son analyse. L’IA peut assister le travail. Elle ne doit pas décider à la place de l’acheteur.
Le sujet des données montre bien la différence entre l’OECP et le CNCP. L’OECP avait une fonction de recensement et d’analyse des données essentielles de la commande publique. Le CNCP conserve cette base, mais le support officiel évoque un renforcement du pilotage de la commande publique par la donnée.
Le même support prévoit d’organiser une gouvernance de la donnée en matière de commande publique et de mieux informer les autorités concédantes et les entités adjudicatrices sur l’enjeu de déclaration.
Pour les acheteurs, des données plus fiables peuvent aider à préparer une consultation, comparer des montants, suivre une politique d’achat ou repérer les familles d’achat. Pour les entreprises, elles peuvent aider à identifier les acheteurs actifs, les besoins récurrents et les marchés accessibles.
La limite reste la qualité des données. Une donnée incomplète ou mal structurée n’améliore pas la transparence. Le CNCP sera donc attendu sur la lisibilité et l’usage réel de ces informations.
Les achats durables font partie des sujets structurés du CNCP. Le support officiel prévoit l’installation d’un collège Achats durables en avril 2026. Sa feuille de route mentionne l’accompagnement de l’entrée en vigueur de l’article 35 de la loi Climat et résilience et la valorisation d’outils pratiques pour les acheteurs, notamment dans le cadre du PNAD.
Ce point intéresse directement les acheteurs publics. Une exigence environnementale ou sociale ne suffit pas si elle reste vague. Elle doit être intégrée dans les pièces du marché, les clauses d’exécution, les critères d’attribution, les justificatifs, les moyens de contrôle, la DPGF ou le BPU lorsque ces documents sont concernés.
Pour les entreprises, l’enjeu est tout aussi concret. Elles doivent comprendre ce qui sera noté, ce qui sera vérifié et ce qui devra être exécuté. Un critère durable mal défini crée de l’incertitude pour l’acheteur comme pour les candidats.
Le CNCP donne aussi une place spécifique aux centrales d’achat publiques. Le support officiel prévoit un collège dédié aux centrales d’achat publiques, installé le 16 février 2026. Sa feuille de route vise à mieux connaître l’écosystème des centrales d’achat, valoriser leur performance achat et aider les acheteurs à mieux connaître leurs offres.
Cette évolution marque une différence avec l’OECP. Le CNCP ne se limite pas à observer la commande publique. Il organise des espaces de travail sur des acteurs structurants du marché public, dont les centrales d’achat.
Pour un acheteur, le recours à une centrale peut simplifier l’achat. Il peut aussi éviter de lancer une procédure complète. Mais il ne dispense pas de vérifier que l’offre répond au besoin réel. Une solution disponible peut être juridiquement simple à mobiliser, mais techniquement inadaptée.
Le CNCP prévoit un collège consacré aux acheteurs locaux. Le support officiel annonce son installation au deuxième trimestre 2026, avec des thèmes à identifier avec les associations d’élus locaux et les collectivités locales.
Cette orientation répond à une difficulté connue. Les collectivités n’ont pas toutes les mêmes moyens. Une petite commune, une intercommunalité, un département ou une région ne traitent pas les marchés publics dans les mêmes conditions.
Le monde économique doit aussi être représenté. Le support officiel prévoit un collège dédié aux fédérations professionnelles à la fin du premier trimestre 2026.
Pour les entreprises, cette ouverture sera utile si elle permet de traiter les difficultés concrètes de réponse aux appels d’offres. Les sujets sont connus. Dossiers trop lourds, critères peu lisibles, mémoire technique mal cadré, exigences disproportionnées, délais courts ou dépôt électronique mal anticipé.
Les acheteurs publics doivent suivre le CNCP parce que ses travaux peuvent produire des outils qui se diffuseront ensuite dans les pratiques.
Cela peut concerner des clauses types, des recommandations sur l’IA, des outils liés aux données, des supports sur les achats durables, des méthodes de recours aux centrales d’achat ou des guides destinés aux acheteurs locaux.
L’intérêt dépendra du format. Un guide trop long ou trop général risque de rester peu utilisé. Un outil court, clair et adapté aux contraintes des services achats aura plus de chances d’être repris dans les consultations.
Les entreprises doivent aussi suivre les travaux du CNCP. Plusieurs sujets peuvent toucher leur accès aux marchés publics.
La lisibilité du DCE, la compréhension du règlement de consultation, la formulation des critères d’attribution, les exigences environnementales, les données disponibles, les outils numériques et l’accès des PME figurent parmi les points sensibles.
Une PME ne répond pas à un marché public seulement parce qu’un avis est publié. Elle répond si le besoin est compréhensible, si les pièces sont lisibles, si les exigences sont proportionnées et si le temps de réponse reste réaliste.
Le CNCP sera donc utile s’il agit sur ces obstacles pratiques, et pas seulement sur des orientations générales.
Plusieurs points restent à confirmer.
Le premier concerne la portée juridique du CNCP. Les sources officielles parlent de concertation, de pilotage et de coordination. Elles ne permettent pas d’affirmer que le CNCP crée des règles obligatoires.
Le deuxième concerne l’évolution annoncée du Code de la commande publique. La phrase selon laquelle le code de la commande publique prendra en compte cette évolution doit être suivie, mais elle ne suffit pas à identifier le futur dispositif juridique.
Le troisième concerne l’utilité concrète des travaux. Le CNCP annonce des collèges, des groupes de travail et des priorités. Leur intérêt dépendra des productions effectives, de leur précision et de leur capacité à répondre aux besoins des acheteurs et des entreprises.
Le CNCP remplace l’OECP, mais il ne change pas directement les règles des marchés publics.
La différence principale tient à la gouvernance. L’OECP était centré sur l’observation, la concertation, les bonnes pratiques et les données. Le CNCP conserve ces missions et ajoute une logique plus marquée de pilotage, de coordination, de collèges thématiques et de groupes de travail.
Les premiers sujets annoncés portent sur l’IA, les données, le numérique, les achats durables, les centrales d’achat, les acheteurs locaux, le monde économique et la souveraineté des achats.
Pour les acheteurs publics, le CNCP peut devenir un lieu de production d’outils et de méthodes. Pour les entreprises, il peut donner des signaux sur l’évolution des attentes dans les appels d’offres.
La prudence reste nécessaire. Tant qu’aucun texte précis ne lui donne un rôle juridique propre, le CNCP doit être présenté comme une instance de concertation et de pilotage, non comme une autorité qui crée des règles.
Ministère de l’Économie, Direction des affaires juridiques
De l’OECP au CNCP, une instance plus représentative et plus agile pour la commande publique
Ministère de l’Économie, Direction des achats de l’État
Lancement du Conseil national de la commande publique, le 16 février 2026
Ministère de l’Économie, espace presse
Lancement du Conseil national de la commande publique
Ministère de l’Économie, Direction des affaires juridiques
Support officiel de présentation de la réunion de préfiguration du CNCP
Ministère de l’Économie, Direction des affaires juridiques
Réunions de concertation de l’OECP, rubrique CNCP – Préfiguration.
(c) F. Makowski - Formateur et consultant en marchés publics pour entreprises et acheteurs publics - Ingénieur ENSEA et juriste en droit des contrats publics