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Les règles de l’art correspondent à l’état des connaissances techniques et professionnelles applicable au moment de la réalisation d’un
ouvrage ou d’une prestation.
Elles se traduisent par un ensemble de pratiques professionnelles reconnues, propres à chaque domaine
d’activité, que tout professionnel normalement diligent est tenu de respecter afin d’assurer une exécution conforme, sûre et techniquement
adaptée.
Les règles de l’art n’ont pas de définition légale unique et figée. Elles évoluent dans le temps en fonction :
Elles constituent des obligations implicites du contrat, même en l’absence de stipulation expresse.
La jurisprudence administrative considère de manière constante que le non-respect des règles de l’art constitue une faute d’exécution de nature à engager la responsabilité contractuelle de son auteur.
La décision de principe demeure :
CE, 5 février 1988, n° 35687, Ville de Paris c/ Société Linville (La méconnaissance des règles de l’art caractérise une faute contractuelle, indépendamment de toute stipulation écrite).
En raison de leur caractère technique, l’appréciation du respect des règles de l’art relève le plus souvent d’une expertise judiciaire, le juge s’appuyant sur l’avis de techniciens qualifiés pour déterminer l’état de l’art applicable à la date des faits.
La notion de règles de l’art est principalement mobilisée dans les marchés de travaux, mais elle peut également concerner :
Exemple de jurisprudence pour illustrer :
CAA Douai, 10 mai 2007, n° 06DA00353, Commune de Maromme (Marché public d'informatique et imprudence d'une commune n’hésitant pas à signer un contrat dont les subtilités des clauses pouvaient être sujettes à interprétation. La collectivité a engagé sa responsabilité pour avoir conclu un marché comportant des choix techniques imprudents, au regard des règles de l’art applicables).
Contrairement à certaines présentations anciennes, les CCAG actuels font bien référence, explicitement ou implicitement, aux règles de l’art :
En revanche :
Les règles de l’art ne se confondent pas avec les normes, mais peuvent s’en inspirer.
Elles peuvent être établies notamment par :
Toutefois :
Dans les marchés publics, les règles de l’art jouent un rôle transversal :
Les acheteurs peuvent exiger des références professionnelles attestant que les travaux antérieurs ont été réalisés selon les règles de l’art, mais l’arrêté du 28 août 2006 qui le permettait explicitement est abrogé.
Cette possibilité découle désormais directement des règles relatives aux capacités techniques et professionnelles prévues par le Code de la commande publique.
Voir également
spécification technique, spécifications techniques de matériels informatiques,
normalisation dans les marchés publics,
Textes
Article L2111-1 du Code de la commande publique (détermination précise du besoin)
Article L2111-2 du Code de la commande publique (définition des prestations par des spécifications techniques)
Articles R2111-1 à R2111-14 du Code de la commande publique (spécifications techniques)
Article R2111-7 du Code de la commande publique (interdiction des références discriminatoires – exigence « ou équivalent »)
Article R2111-8 du Code de la commande publique (formulation des spécifications techniques)
Décret n° 2009-697 du 16 juin 2009 relatif à la normalisation
Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à la passation des marchés publics
Article 42 de la directive 2014/24/UE (spécifications techniques)
Normalisation – organisme de référence
AFNOR – Organisme national de normalisation.
Code des marchés publics 2004 et 2006 [abrogés].
Instruction sur l’établissement des spécifications techniques pour la fourniture de matériels informatiques du 31 mars 2005 - Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie – Direction des affaires juridiques – Groupe permanent d’étude des marchés d’informatique et de communication – Réf. : 051C0025 (document d’archives).
Communication de la commission au conseil, au parlement européen et au comité économique et social européen - Vers une contribution accrue de la normalisation à l’innovation en Europe - Bruxelles, le 11.3.2008 - COM(2008) 133 final.
Jurisprudence
CAA Douai, 10 mai 2007, n° 06DA00353, Commune de Maromme c/ Société xxx (Marché public d'informatique et imprudence d'une commune n’hésitant pas à signer un contrat dont les subtilités des clauses pouvaient être sujettes à interprétation)
CE, 5 février 1988, n° 35687, Ville de Paris c/ Société Linville
MAJ 01/01/26
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