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30 décembre 2025
Les décrets n° 2025-1386 et n° 2025-1383, datés du 29 décembre 2025 et publiés au JORF du 30 décembre 2025, à la suite d'une consultation publique menée par la DAJ, simplifient la commande publique. Le premier rehausse les seuils de dispense de publicité et de mise en concurrence de 40 000 à 60 000 euros HT pour les fournitures/services à partir du 1er avril 2026, et 100 000 euros HT pour les travaux dès le 1er janvier 2026, tout en adaptant la dématérialisation des documents de consultation. Le second assouplit l’accès aux marchés en réduisant le plafond de chiffre d’affaires exigible, en simplifiant la gestion des défaillances d’attributaire, et en clarifiant le remboursement de l’avance, avec une extension aux collectivités d’outre-mer. L’objectif est de disposer de procédures plus efficaces et un meilleur accès des PME aux marchés publics.
Ces textes modifient plusieurs règles de passation et d’exécution financière des marchés publics afin de simplifier l’accès des entreprises à la commande publique et de clarifier certaines règles.
L'article L2122-1 du CCP prévoit que l'acheteur peut passer un marché sans publicité ni mise en concurrence préalables lorsque, en raison notamment de l’existence d’une première procédure infructueuse, d’une urgence particulière, de son objet ou de sa valeur estimée, le respect d’une telle procédure est inutile, impossible ou manifestement contraire aux intérêts de l’acheteur.
Le seuil de 100 000 euros HT pour les marchés de travaux, appliqué jusqu’alors dans le cadre d’un régime temporaire issu des mesures de simplification postérieures à la crise sanitaire et prorogé à plusieurs reprises, est désormais intégré à l’article R. 2122-8 du CCP.
Pour les marchés de fournitures et de services, le seuil de dispense est relevé de 40 000 à 60 000 euros HT (+50 %). Cette mesure entre en vigueur le 1er avril 2026.
La dispense s'applique également aux petits lots dont le montant est inférieur à ces seuils, à condition que leur valeur cumulée n'excède pas 20 % de la valeur estimée de tous les lots (article R2123-1, b, 2° du CCP).
Par coordination, l'article R2132-2 du CCP est modifié. À compter du 1er avril 2026, la mise à disposition des documents de la consultation sur un profil d'acheteur sera obligatoire pour les marchés :
Ces deux conditions sont cumulatives et un marché de travaux inférieur à 100 000 € HT passé sans publicité n'est pas soumis à cette obligation.
Comme le rappelle la DAJ, les acheteurs restent tenus de respecter les principes fondamentaux de l'article L3 du CCP. Le second alinéa de l'article R2122-8 précise que l'acheteur doit veiller à choisir une offre pertinente, faire une bonne utilisation des deniers publics et ne pas contracter systématiquement avec un même opérateur économique.
L’acheteur doit pouvoir justifier son choix et conserver une traçabilité adaptée comme les devis sollicités, catalogues consultés, référentiels de prix, notes internes ou éléments démontrant la pertinence de l’offre retenue.
Il convient également de rappeler l’interdiction du “saucissonnage du marché”, c’est-à-dire le découpage artificiel d’un besoin ou d’une opération d’achat dans le but d’échapper aux règles de publicité et de mise en concurrence.
Ce second décret, applicable aux consultations engagées à compter du 1er janvier 2026, comporte trois mesures visant à simplifier l'accès des entreprises aux marchés publics et aux contrats de concession.
L'article R2142-7 du CCP plafonne le chiffre d'affaires annuel minimal exigible des candidats. Ce plafond passe de deux fois à une fois et demie le montant estimé du marché ou du lot.
Concrètement, pour un marché estimé à 500 000 € HT, l'exigence maximale passe de 1 000 000 € à 750 000 €. Cette mesure vise à lever un obstacle pour les jeunes entreprises et les structures en croissance. Il n'est pas évident qu'elle ait un impact significatif.
L'acheteur peut toutefois exiger un chiffre d'affaires supérieur dans des cas exceptionnels tenant aux risques particuliers liés à la nature des prestations, sous réserve de le justifier dans les documents de la consultation. Le niveau de capacités demandé doit toujours être lié et proportionné à l'objet du marché.
Le décret crée un nouvel article R2181-7 et si l'attributaire se trouve, après la décision d'attribution mais avant la notification du marché, dans l'impossibilité d'exécuter le contrat par suite d'un cas fortuit ou de force majeure, l'acheteur peut solliciter le soumissionnaire classé immédiatement après.
Il fallait bien disposer de définitions, la DAJ précise donc la distinction entre ces notions :
L’attributaire ne peut pas se désengager pour des motifs d’opportunité ; il doit démontrer, par tout moyen, que l’impossibilité d’exécuter le marché ne résulte pas de son fait.
Au niveau du timing, il est recommandé de mettre en œuvre cette disposition avant l'envoi des lettres de rejet, les soumissionnaires évincés étant sinon déliés de leur offre. L'acheteur conserve la possibilité de déclarer la procédure sans suite. Ce dispositif ne peut pas être utilisé en cas de défaillance ou de résiliation du marché en cours d’exécution.
L'article R2191-11, 1° du CCP dispose que le remboursement de l'avance débute lorsque le montant des prestations exécutées atteint 65 % du montant TTC du marché. Une ambiguïté existait sur le périmètre des prestations à prendre en compte en présence de sous-traitants.
Le décret clarifie ce point à savoir que le début du remboursement correspond aux prestations exécutées par le titulaire uniquement. Pour le sous-traitant admis au paiement direct, le remboursement s'impute selon les mêmes modalités, mais sur la base de sa part du marché (article R2193-20 du CCP).
| Mesure | Détail | Échéance |
|---|---|---|
| Relèvement du seuil de dispense (Fournitures et services) | Passage de 40 000 € HT à 60 000 € HT. | 1er avril 2026 |
| Pérennisation du seuil de dispense (Travaux) | Consolidation définitive du seuil de 100 000 € HT dans le CCP. | 1er janvier 2026 |
| Mise à disposition sur profil d'acheteur | Obligation de dématérialisation alignée sur le nouveau seuil (≥ 60 000 € HT). | 1er avril 2026 |
| Abaissement du plafond du CA exigible | Réduction de 2x à 1,5x le montant estimé du marché ou du lot pour favoriser l'accès des PME. | 1er janvier 2026 |
| Possibilité de solliciter les suivants du classement | En cas d'impossibilité d'exécution (cas fortuit ou force majeure) de l'attributaire, Possibilité de solliciter le soumissionnaire classé immédiatement après l’attributaire pressenti, puis, si nécessaire, les suivants dans l’ordre de classement | 1er janvier 2026 |
| Clarification du remboursement de l'avance | Clarification. Le seuil de 65 % s'apprécie sur les prestations du titulaire uniquement. | 1er janvier 2026 |
| Extension aux collectivités d'outre-mer | Application coordonnée des nouvelles dispositions réglementaires. | 1er janvier 2026 |
Textes
Décret n° 2025-1386 du 29 décembre 2025 modifiant certains seuils relatifs aux marchés publics - NOR : ECOM2535495D.
Décret n° 2025-1383 du 29 décembre 2025 portant diverses mesures de simplification du droit de la commande publique - NOR : ECOM2523892D.
Code de la Commande Publique : articles L2122-1, R2122-8, R2123-1, R2132-2, R2142-7, R2181-7, R2191-11, R2193-20.
Fiches de la DAJ de Bercy
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(c) F. Makowski - Formateur et consultant en marchés publics pour entreprises et acheteurs publics - Ingénieur ENSEA et juriste en droit des contrats publics